Le gamin de 16 ans qui a tout changé
Les Backrooms auraient pu rester un coin obscur d’internet, connu des fans de creepypastas et de quelques YouTubeurs du paranormal. Mais en janvier 2022, Kane Parsons, né le 18 juin 2005, commence à publier sur sa chaîne YouTube une série virale basée sur la creepypasta. Il a 16 ans et apprend tout seul le logiciel Blender depuis des années. Du genre précoce, il a fait des vidéos Minecraft, des mèmes, des projets de fan animation inspirés notamment de l’Attaque des Titans. Et maintenant, il va réinventer les Backrooms.
Un jour, en fouinant sur son ordinateur, il retombe sur une scène 3D qu’il avait réalisée sur Blender : une chaise projetée contre un mur dans un environnement type Backrooms. Il construit une histoire autour de ce plan et publie la vidéo le 7 janvier 2022.
Le résultat est stupéfiant. Une vidéo présentée comme du found footage — des images « retrouvées » — d’un adolescent qui tombe accidentellement dans les Backrooms en 1991 et s’y fait pourchasser par une entité. Le tout rendu en 3D avec Blender et After Effects, puis passé dans un filtre VHS pour simuler la granulation d’une cassette amateur. La qualité cinématographique est hallucinante pour quelqu’un qui n’a jamais mis les pieds dans une école de cinéma. La vidéo dépasse les 79 millions de vues.
La série compte au total 24 épisodes, et Kane Parsons construit une vraie mythologie autour d’une organisation fictive appelée l’Async Research Institute, dont les scientifiques explorent cet espace extradimensionnel. C’est cohérent, effrayant, et techniquement impeccable. WPST l’appelle « la vidéo la plus effrayante d’internet ». C’est un gamin dans sa chambre qui fait ça.
Il raconte avoir « commencé à recevoir des e-mails de plein d’entreprises ». « J’avais 16 ans à l’époque, tout ça était très nouveau pour moi et j’étais très sceptique à l’idée de traiter avec des gens en costume sur un sujet qui me tenait autant à cœur. » C’est attendrissant et révélateur à la fois : Hollywood qui tourne autour d’un lycéen dont la version des Backrooms est soudain devenue un phénomène culturel.


