Le « no-clip » comme métaphore
Ce qui est brillant dans cette creepypasta — et oui, il faut lui reconnaître une certaine génie malgré son origine chaotique — c’est l’emprunt au langage du jeu vidéo. Inspiré par les moments glitchés dans les jeux vidéo où les personnages traversent une frontière, l’auteur nomme le phénomène avec ce terme suggestif : « noclip ». Le no-clip, pour les non-initiés, c’est ce bug ou cette commande de triche qui permet à votre personnage de traverser les murs, de sortir des limites de la carte, et de se retrouver dans un espace vide et infini que le développeur n’avait pas prévu que vous visiteriez.
Le concept des Backrooms, c’est donc ça appliqué à la réalité : et si vous pouviez accidentellement glitcher hors du monde réel ? Et si, entre deux couloirs d’un centre commercial, vous tombiez dans un plan d’existence parallèle fait de couloirs vides, de moquette humide et de lumières fluorescentes qui bourdonnent ? L’angoisse est immédiate et universelle. Tout le monde a connu ces espaces — ces couloirs de sous-sol, ces arrière-salles de magasins, ces parkings souterrains — qui semblent exister en dehors du temps normal. Des endroits où vous ne devriez pas être, et qui le savent.
C’est ce qu’on appelle un espace liminal : un endroit de transition, familier et pourtant dérangeant.



