Backrooms : la machine à mythes collective
Le 16 mai 2019, quatre jours après la publication originale, le post atterrit sur Reddit, apparaissant sur le subreddit /r/greentext avec la légende « Pire que n’importe quelle creepypasta ». Les Backrooms commencent à prendre de l’ampleur. Des wikis collaboratifs se créent. Des forums débattent des « niveaux » — parce qu’évidemment, il ne faut pas longtemps à internet pour bureaucratiser l’horreur. Les internautes développent le concept en introduisant des « niveaux » (des espaces interconnectés avec des apparences différentes), et des « entités », les créatures hostiles habitant l’espace.
En quelques mois, les Backrooms ont leur propre cosmologie : le Niveau 0 (la pièce jaune originale), le Niveau 1 (plus vaste, plus sombre), des centaines de niveaux supplémentaires inventés par des contributeurs anonymes du monde entier, chacun avec ses règles, ses dangers, sa faune monstrueuse. C’est la Fondation SCP version intérieur commercial des années 90. Une fiction collaborative sans auteur, sans éditeur, sans droits d’auteur, construite par des milliers de personnes qui ne se connaissent pas et ne se connaîtront jamais.


