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Le Diable s’habille en Prada 2 : Miranda revient bien, le venin beaucoup moins

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Vingt ans plus tard, Le Diable s’habille en Prada 2 retrouve presque tout ce qui faisait le sel du film culte : un casting en état de grâce, des piques acérées, et ce plaisir intact de replonger dans les couloirs glacés de Runway.

Mais sous le tailleur impeccable, la suite manque parfois de mordant et sent davantage la nostalgie bien coupée que la vraie nécessité artistique.

👠 Miranda revient dans un monde qui a changé

Faire revenir Miranda Priestly en 2026 relevait autant du fantasme que du piège. Le premier film n’était pas seulement une comédie mode brillante ; c’était aussi un portrait très précis d’une époque, d’un marché du travail et d’une ambition féminine encore racontée à Hollywood avec une forme de légèreté adulte aujourd’hui plus rare.

Cette suite a l’intelligence de ne pas faire semblant que rien n’a changé : la presse vacille, le numérique a tout avalé, les rédactions licencient par SMS. Et Runway lutte pour survivre dans un monde piloté par les logiques de marque, de clics et d’image.

C’est même là sa meilleure idée : raccrocher le glamour à la casse industrielle contemporaine.

🕶️ Le casting, lui, fait toujours le travail

Le plaisir est immédiat. Meryl Streep remet Miranda comme on remet une paire de lunettes noires signature : sans effort apparent, avec une précision insolente.

Même quand le film lui donne des répliques moins assassines qu’autrefois, elle parvient encore à faire exister tout un rapport de force dans un silence, un demi-sourire, un regard suspendu.

Anne Hathaway retrouve Andy Sachs avec une élégance plus assurée, moins vulnérable, donc un peu moins attachante, mais toujours solide.

Et puis il y a les vraies gourmandises : Stanley Tucci, impeccable, et Emily Blunt, qui comprend mieux que personne à quel point Emily doit être jouée comme une lame de luxe.

🧵 Une suite bien taillée… mais parfois trop sage

Là où le film trébuche, c’est dans son écriture. David Frankel et Aline Brosh McKenna savent rejouer les beats du premier opus, mais beaucoup de scènes donnent l’impression d’une variation appliquée plutôt que d’une relance inspirée.

Andy revient chez Runway, Miranda redevient Miranda, Nigel conseille, Emily pique, et tout cela fonctionne… jusqu’au moment où l’on comprend que le film avance moins par nécessité dramatique que par reconnaissance affective.

On sourit souvent, on s’amuse régulièrement, mais on voit aussi venir presque chaque rebondissement. La mécanique est huilée, jamais électrisante.

☠️ Le problème : Miranda mord moins fort

Le plus frustrant reste clairement l’adoucissement général de Miranda.

Bien sûr, le monde post-#MeToo et post-pandémie ne permet plus de célébrer aussi innocemment la terreur managériale. Le film en a conscience, et c’est même un sujet. Mais en polissant son monstre, il lui retire aussi une partie de son pouvoir dramatique.

Une Miranda moins cruelle, plus contenue, plus “gérable”, c’est peut-être plus réaliste pour 2026 ; c’est aussi un peu moins jubilatoire au cinéma.

Le film compense avec du fan service, des clins d’œil bien sentis et une vraie chaleur de retrouvailles, sans jamais retrouver complètement la violence chic qui faisait de l’original autre chose qu’un simple feel-good movie en escarpins.

💄 Chic à regarder, moins inoubliable à porter

Visuellement enfin, la copie est belle, mais pas renversante. Les costumes font le travail, Milan offre son lustre, et le film reste très regardable.

Pourtant, il y a un certain manque d’éclat par rapport au premier, comme si cette suite avait parfois troqué la précision du luxe contre une élégance plus standardisée.

C’est peut-être la bonne métaphore du projet tout entier : séduisant, bien taillé, souvent agréable, mais un cran en dessous de la pièce originale.

🎬 Verdict : un retour réussi, mais pas totalement venimeux

Au fond, Le Diable s’habille en Prada 2 n’est ni une catastrophe opportuniste ni un retour triomphal.

C’est une bonne suite de studio, intelligente sans être vraiment mordante, émouvante par son casting plus que par son récit, et suffisamment drôle pour justifier le détour.

Les fans y trouveront ce qu’ils sont venus chercher. Les autres constateront surtout qu’on peut encore très bien faire semblant de retrouver la coupe d’un classique, sans réussir tout à fait à en recoudre l’âme.

⭐ Notre avis : 3/5

Un come-back chic, drôle et bien interprété, mais moins cruel, moins vif, et donc moins inoubliable que le film de 2006.

J’y vais ou j’y vais pas ?

20th Century Studios / Disney

📌 Le Diable s’habille en Prada 2

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