Une alpiniste traumatisée part se perdre dans le bush australien. Pas de bol, elle tombe sur un tueur qui a clairement trop réfléchi à sa propre légende.
Charlize Theron grimpe, rame, fuit, saigne et serre les dents pendant 95 minutes. Le tout dans un décor australien qui a l’air d’avoir été conçu par un dieu sadique. Sur le papier, c’est le genre de film qu’on lance “juste pour voir” et qu’on finit soit bien tendu, soit en marmonnant “tout ça pour ça”.
🎬 Pitch rapide
Dans Apex, Sasha (Charlize Theron), alpiniste hantée par un drame, part tester ses limites dans la nature australienne. Mauvaise idée : elle tombe sur Ben (Taron Egerton), prédateur très motivé, très dérangé, et manifestement fan des jeux de chat et souris avec supplément traumatisme.
Réalisé par Baltasar Kormákur (Everest, Adrift), le film se vend comme un thriller de survie psychologique, brutal, physique. Et très content d’envoyer sa star dans les rochers sans service après-vente.
✅ Pourquoi on a envie de regarder
Charlize Theron fait encore une fois le boulot de trois films à elle seule
Soyons honnêtes : si Apex tient debout, c’est d’abord parce que Theron a cette capacité vexante à donner de la tenue à des matériaux parfois un peu trop simples. Même les critiques tièdes ou franchement mitigées s’accordent à dire qu’elle reste l’argument principal, entre endurance physique, intensité sèche et présence de machine de guerre blessée. C’est un peu comme mettre un moteur de Ferrari dans un 4×4 Netflix : ce n’est pas subtil, mais ça avance.
Le décor australien fait une grosse partie du spectacle
Kormákur et Netflix ont clairement voulu faire du paysage un personnage à part entière, et ce n’est pas juste du blabla promo. Falaises, rapides, forêts, terrain hostile : tout le film semble reposer sur l’idée que la nature peut te tuer avant même que le psychopathe du coin ait fini son café.
C’est beau, ample, agressif, et ça donne au film une vraie texture physique, ce qui n’est pas toujours gagné sur la plateforme au grand N rouge.
Taron Egerton en méchant déglingué, c’est une bonne idée de casting
Le film l’assume : Ben n’est pas juste “le tueur”. C’est un type qui se raconte sa propre mythologie, au point qu’Egerton explique avoir dû lui inventer un “spiritual code”. On est donc sur un taré premium, pas sur un PNJ de slasher bas de gamme.
Résultat : le duel Theron/Egerton devient le vrai moteur du film, et ça aide énormément quand le scénario préfère courir plutôt que réfléchir.
Ça cartonne sur Netflix, et ce n’est pas pour rien
Ça n’est clairement pas un argument, certes. Mais le film a démarré directement numéro 1 sur la liste des films anglophones Netflix avec 38,2 millions de vues sur sa première grosse semaine mesurée. Donc oui, le public clique.
Et on comprend pourquoi : concept lisible en dix secondes, star immense, thriller de survie, durée ramassée, promesse de tension immédiate. C’est du “soir de flemme” très haut de gamme. Le produit parfait pour squatter le Top 10 et dominer les conversations de groupe du type “t’as vu le nouveau Theron ?”.
❌ Pourquoi on peut hésiter
Le film a été fabriqué dans l’usine du déjà-vu
C’est le gros point faible : Apex ressemble à plein d’autres films avant lui. La proie, le prédateur, la nature hostile, le trauma du passé, le duel psychologique, la survie comme métaphore intérieure…
On a déjà vu cette playlist. Metacritic reflète bien cette réception : 57, donc la zone grise officielle du “c’est pas nul, mais calme-toi”. Un film plutôt solide donc, mais qui déroule un algorithme plutôt qu’un scénario.
La promesse “thriller psychologique” est parfois un peu plus marketing que psychiatrique
Charlize Theron vend le film comme une histoire de survie émotionnelle autant que physique, et Kormákur parle d’un script presque existentiel. Très bien.
Sauf qu’à l’écran, beaucoup de retours pointent plutôt un thriller de poursuite efficace mais léger en vraie profondeur. En gros : le film veut parfois faire croire qu’il a lu Cioran, alors qu’il a surtout fait beaucoup de cardio.
Le public est plus dur que la critique. Et ça se comprend.
Côté agrégateurs, les retours spectateurs sont nettement plus froids que les meilleures critiques presse : sur Metacritic, le user score descend à 4,7/10.
Ce n’est pas forcément un verdict absolu, mais ça dit quelque chose : beaucoup ont trouvé l’ensemble trop mécanique, trop troué, ou simplement trop “Netflix original movie” (avec ce que cette expression a de vaguement inquiétant). Traduction : ça passe, puis ça s’évapore. Comme un mauvais souvenir de randonnée.
⚖️ Verdict ScreenHub : on regarde ou pas ?
Oui, on regarde — mais sans fantasmer un chef-d’œuvre.
Apex, c’est le genre de film qui te tient bien pendant 90 minutes… puis disparaît de ta mémoire avant même que le générique ait fini de scroller. Plutôt beau, jamais interminable, et suffisamment musclé pour faire le job un vendredi soir où ton cerveau réclame autre chose qu’un drame norvégien sur la mélancolie du carrelage.
Ce n’est pas révolutionnaire, ce n’est pas très profond, mais c’est efficace. Et parfois, l’efficacité a du charme. Surtout quand Charlize Theron grimpe à la verticale pendant que le scénario, lui, prend parfois le sentier balisé.
🎲 Fun fact
Charlize Theron a vraiment suivi un entraînement costaud pour le film, au point que Baltasar Kormákur a dit qu’elle grimpait sur des parois où lui-même ne poserait pas un orteil. Et au point même de se blesser et de mettre l’équipe de tournage en stress intense.
Au fait, pourquoi ce titre : Apex ?
En anglais, apex veut dire « le sommet », « le pic »… et le sommet de la chaîne alimentaire. Dans un contexte survivaliste, apex predator = le prédateur ultime.
Donc le titre pose une question centrale : qui est vraiment au sommet ? Le tueur ? La survivante ? La nature elle-même ?
😈 3 questions qui fâchent
Pourquoi les gens endeuillés vont-ils toujours se “ressourcer” dans les endroits les plus mortels de la planète ?
Parce que personne ne signerait pour Apex si Sasha partait faire un week-end spa à Arcachon. Le thriller a ses traditions, et le mauvais choix de week-end en fait partie.
Taron Egerton joue-t-il un psychopathe crédible ou un mec qui a trop binge-watché ses propres pulsions ?
Un peu les deux, mais c’est justement ce qui marche. Il surjoue parfois juste assez pour rendre Ben malsain sans le transformer en caricature totale. C’est du creep calibré.
Le vrai apex predator du film, ce n’est pas Charlize Theron ?
Disons qu’à partir du moment où tu poursuis Charlize Theron dans la montagne, il faut accepter que le concept même de “proie” devienne très théorique.

📋 Apex
Réalisation : Baltasar Kormákur
Scénario : Jeremy Robbins
Casting principal : Charlize Theron, Taron Egerton, Eric Bana
Genre : action, thriller, survie
Durée : 1h35
Classification : R
Sortie : 24 avril 2026 sur Netflix
Ambiance : “Hunt… or be hunted”, autrement dit : vacances nulles, très nulles.


