Jesse Eisenberg a obtenu une nomination aux Oscars en jouant Mark Zuckerberg dans The Social Network. Seize ans plus tard, Aaron Sorkin voulait évidemment le récupérer pour The Social Reckoning. Il a essayé pendant trois jours. Eisenberg n’a pas bougé.
Difficile d’imaginer The Social Network sans Jesse Eisenberg. Son débit mitraillette, son sweat à capuche, ce Zuckerberg glacial capable de larguer sa copine et de créer Facebook dans le même mouvement : en 2010, le rôle lui vaut une nomination aux Oscars et lui colle durablement à la peau.
Un peu trop, visiblement.
Lorsque Aaron Sorkin prépare The Social Reckoning (en salles le 7 octobre), qui revient sur Facebook quinze ans après le film de David Fincher, il veut naturellement récupérer son Zuckerberg. Sauf qu’Eisenberg refuse.
Sorkin insiste. Pendant trois jours. Rien à faire.
🙅 « Je ne veux pas être associé à quelqu’un comme ça »
Le refus ne sort pas de nulle part. Dès février 2025, Eisenberg prenait publiquement ses distances avec Zuckerberg, notamment après la décision de Meta de mettre fin à son programme américain de fact-checking par des tiers.
Sa formule ne laissait pas beaucoup de place au doute :
« Je ne veux pas me considérer comme associé à quelqu’un comme ça. »
L’acteur expliquait s’inquiéter des conséquences des décisions prises par des dirigeants disposant d’une puissance considérable. Quelques jours plus tard, il allait encore plus loin en estimant que Zuckerberg était passé d’un certain « sens de la justice » à une « obsession du pouvoir ».
Pas exactement le moment idéal pour lui proposer de remettre le hoodie.
🎬 Sorkin pensait pourtant qu’il reviendrait
Pour Aaron Sorkin, retrouver Eisenberg semblait presque évident. Il ne s’était même pas vraiment préparé à l’idée d’un refus.
Eisenberg, lui, reste beaucoup plus diplomate lorsqu’il explique sa décision. Il assure qu’elle n’a « rien à voir avec la qualité du film », ajoutant simplement qu’il allait « dans d’autres directions » dans sa vie.
Sorkin est un peu plus précis : selon lui, son ancien Zuckerberg ne voulait plus être confondu avec le vrai.
Et seize ans de The Social Network ont laissé quelques traces. Sorkin raconte qu’Eisenberg en avait assez de voir des inconnus l’aborder dans les aéroports avec des cartes de visite reprenant le fameux :
« I’m CEO, bitch. »
La blague était drôle en 2010. À la 500e fois dans un terminal d’aéroport, probablement un peu moins.
💰 Même un gros chèque n’a pas marché
Sony était pourtant prêt à sortir l’artillerie financière. Sorkin raconte qu’une offre importante pouvait être faite à Eisenberg.
Le carnet de chèque n’à pas suffi à convaincre Jesse Eisenberg.
Sorkin explique même que son ancien acteur cherche à élever ses enfants sans leur donner un rapport trop facile à l’argent. Une philosophie qu’il juge admirable, sauf lorsqu’on essaie précisément de lui faire accepter un gros film hollywoodien.
Là, il la trouve surtout « exaspérante ».
🧢 Jeremy Strong attendait juste derrière
Il fallait donc trouver un nouveau Mark Zuckerberg. Et un candidat avait déjà levé la main : Jeremy Strong.
L’acteur de Succession avait fait comprendre à Sorkin que, si Eisenberg ne revenait pas, le rôle l’intéressait. On connaît la suite : Strong récupère Zuckerberg et se plonge tellement dans le personnage que Sorkin doit prévenir ses partenaires qu’il risque de ne pas leur parler entre les prises.
Finalement, le passage de relais est assez parfait. Jesse Eisenberg ne voulait plus que les gens le prennent pour Mark Zuckerberg. Jeremy Strong, lui, a décidé de le devenir.
Sources : Variety, Vanity Fair, The Guardian, AFP, The Washington Post, TheWrap.

The Social Reckoning
Réalisation et scénario : Aaron Sorkin
Avec : Jeremy Strong, Mikey Madison, Jeremy Allen White, Bill Burr
Genre : Drame biographique
Durée : 1h53
Sortie France : 7 octobre 2026
Distribution : Sony Pictures
Dans le rôle de Mark Zuckerberg : Jeremy Strong


