On était partis pour regarder Timothée Chalamet jouer au ping-pong et faire des crises existentielles version prestige A24. On ne s’attendait pas à tomber sur un personnage qui annonce calmement être un vampire né au XVIIe siècle.
Et pourtant. Derrière ce moment complètement lunaire se cache peut-être l’idée la plus étrange — et la plus brillante — de Marty Supreme.
Attendez… quoi ? Un vampire dans Marty Supreme ?!
Oui. Vous avez bien entendu. Au milieu d’un film sur le ping-pong, l’ego, la réussite et les désillusions, un personnage regarde droit dans les yeux Timothée Chalamet et balance, tranquille :
"Je suis né en 1601. Je suis un vampire."
Pardon ? C’est « Marty contre les vampires » ou bien ? Attend, on t’explique. Enfin on va essayer.
Petit contexte pour ceux qui débarquent : Marty Supreme suit l’ascension d’un jeune prodige du ping-pong (Timothée Chalamet, évidemment) obsédé par la réussite et prêt à se brûler les ailes pour atteindre le sommet, dans l’Amérique des années 50.
Ce moment où le film bascule (presque) dans Twilight
La scène en question implique Milton Rockwell, interprété par Kevin O’Leary (oui, le requin de Shark Tank). Face à Marty, il se présente comme une entité vieille de plusieurs siècles, survivant à toutes les générations d’ambitieux persuadés d’être différents.
À ce stade, le spectateur se demande (bien légitimement) :
- Est-ce que Marty Supreme est secrètement un spin-off de Twilight ?
- Est-ce que Josh Safdie a binge-watché True Blood entre deux montages ?
- Ou est-ce qu’on va voir Chalamet scintiller au soleil comme Edward Cullen ?
Spoiler : non. (Quoique… on a frôlé la catastrophe gothique.)
Un délire pas si improvisé que ça
Le plus savoureux ? La réplique vampirique viendrait de Kevin O’Leary lui-même — une idée que Josh Safdie aurait ensuite commencé à pousser beaucoup plus loin dans le développement du film.
L’objectif : faire de Rockwell une figure quasi mythologique. Un type qui a “tout vu”, tout traversé, tout absorbé.
Traduction : ce n’est pas Dracula, c’est le capitalisme en costard. Un vampire moderne, version boardroom et PowerPoint.
Le twist qui aurait transformé le film en fan fiction A24
Et là, accrochez-vous. Sur le podcast d’A24, le réalisateur Josh Safdie a révélé qu’il avait envisagé une fin… littéralement vampirique.
Oui, oui. Un flash-forward dans les années 80, avec un Marty vieillissant, Rockwell surgissant de l’ombre. Des crocs, une morsure, et bim : immortalité forcée.
On était à deux dents de voir Marty Supreme devenir un cousin arty d’Entretien avec un Vampire. Des prothèses avaient même été fabriquées, des faux crocs, tout ça tout ça… Le multivers A24 était à ça de basculer dans le gothique.
Heureusement, le studio aurait gentiment suggéré que… peut-être… c’était une idée un peu trop… comment dire… WTF !?
Alors, c’est quoi le délire ?
En réalité, cette histoire de “vampire” fonctionne comme une métaphore :
Rockwell ne meurt jamais symboliquement, il survit aux jeunes talents, se nourrit des ambitions. Et il transforme toute cette énergie en profit. Un peu comme si What We Do in the Shadows rencontrait Wall Street.
Ce n’est pas du fantastique, c’est du cynisme stylisé. Rockwell dit à Marty :
“Tu crois être unique ? J’en ai vu mille comme toi. Je suis éternel.”
C’est donc moins Buffy contre les vampires que Buffy contre les investisseurs.
Pourquoi ça fonctionne (et pourquoi c’est brillant)
Parce que pendant 30 secondes, le film crée un mini-vertige.
On se demande si on a raté un sous-texte surnaturel.
On scrute l’arrière-plan à la recherche d’un cercueil IKEA.
Pire, on imagine Chalamet avec un teint encore plus pâle (si c’est possible).
Et puis… rien. Le film reste humain, cruel et ironique.
La ligne devient une bombe métaphorique. Une exagération théâtrale qui souligne le déséquilibre entre jeunesse et pouvoir. Un coup de croc narratif.
Verdict
Non, Marty Supreme n’est pas un film de vampires. Oui, il a failli le devenir. Et c’est précisément ce qui rend cette scène culte.
Parce qu’elle injecte dans un drame réaliste une micro-dose de gothique absurde — juste assez pour faire parler, théoriser, fantasmer. Et quelque part, c’est très Safdie : faire croire que tout peut partir en vrille… sans jamais le faire complètement.
Moralité ? Dans Marty Supreme, les vampires ne boivent pas de sang. Ils boivent votre ambition de jeune arriviste.

🎬 Pitch
Etats-Unis, dans les années 50. Un jeune prodige du ping-pong voit son ascension s’accélérer lorsqu’il croise la route de figures plus puissantes, plus riches et plus expérimentées que lui. Entre ambition, fascination et rapports de domination, Marty Supreme transforme un récit sportif en étrange conte sur le pouvoir.
📋 Marty Supreme
Réalisation : Josh Safdie
Genre : Drame / Comédie dramatique
Avec : Timothée Chalamet, Gwyneth Paltrow, Kevin O’Leary
Studio : A24
Sortie : 2026
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