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Crazy Rich Asians : beaucoup trop riche, beaucoup trop cliché… et franchement, ça passe

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Un prince charmant milliardaire, une Américaine qui découvre qu’elle sort avec l’héritier d’une dynastie de Singapour, une belle-mère terrifiante et assez de bijoux pour financer trois petits pays : Crazy Rich Asians ne fait rien dans la discrétion. Ni dans l’originalité. Heureusement, Michelle Yeoh est là pour regarder tout ce petit monde de haut.

Rachel Chu (Constance Wu) pense partir à Singapour avec son charmant petit ami Nick (Henry Golding) pour assister à un mariage.

Elle découvre dans l’avion que monsieur voyage en première classe, puis qu’il appartient à l’une des familles les plus riches du pays. Nick avait simplement oublié de mentionner qu’il était une sorte de prince William asiatique. Ça arrive.

Commence alors un conte de fées tellement assumé qu’il ne manque guère que les oiseaux pour aider Rachel à enfiler sa robe. Villas gigantesques, voitures hors de prix, robes de créateurs, fêtes absurdes, héritiers sexy : Crazy Rich Asians prend tous les clichés de la romcom et leur donne une carte bancaire sans plafond.

💎 La subtilité ? Elle voyageait en classe éco

Jon M. Chu filme la richesse comme un enfant à qui on aurait donné les clés d’une bijouterie. Le mariage de Colin et Araminta en est le sommet : une allée transformée en rivière, des invités qui regardent la mariée avancer dans l’eau et suffisamment de fleurs pour provoquer une pénurie mondiale.

C’est magnifique. C’est ridicule. C’est exactement le film.

Et derrière les paillettes, le scénario reste celui d’une Cendrillon moderne : Rachel débarque dans un monde qui ne veut pas d’elle, affronte les femmes de la haute société, découvre quelques secrets de famille et doit convaincre une belle-mère qui pourrait congeler une piscine avec un regard.

Le film sait qu’il manipule de vieux clichés et les assume avec un tel enthousiasme qu’il devient difficile de lui reprocher de ne pas être Marriage Story.

👑 Michelle Yeoh n’a pas besoin de lever la voix

Parce qu’au milieu de cette avalanche de dorures se trouve Eleanor Young.

Michelle Yeoh n’a besoin ni de grand discours ni de crise de nerfs. Quand Eleanor rencontre Rachel, elle l’observe, lui touche le visage et lui fait comprendre en quelques secondes qu’elle ne sera jamais assez bien pour son fils. Le film pourrait couper la musique et éteindre les lustres : Michelle Yeoh continuerait à dominer la pièce.

Et elle évite surtout à Eleanor de devenir la méchante belle-mère sortie d’un téléfilm. Lors de la scène où la famille prépare des raviolis, le film montre ce qui les sépare vraiment : Rachel pense accomplissement individuel, Eleanor pense famille, transmission et sacrifice. Soudain, derrière les robes et les Lamborghini, Crazy Rich Asians trouve quelque chose à raconter.

🀄 Et puis arrive le mah-jong

La meilleure scène du film n’a besoin ni de mariage à plusieurs millions ni de villa avec piscine.

Rachel et Eleanor s’assoient autour d’une table de mah-jong.

Rachel, professeure d’économie et spécialiste de théorie des jeux, comprend qu’elle peut obtenir ce qu’elle veut. Elle choisit pourtant de renoncer à Nick et fait comprendre à Eleanor que, si son fils revient un jour vers sa famille, ce sera grâce au sacrifice de la femme qu’elle jugeait indigne de lui.

Voilà. Deux femmes, quelques tuiles, des regards. Et soudain Crazy Rich Asians devient meilleur que lorsqu’il dépense des millions pour nous prouver que ses personnages ont des millions.

💍 Un grand film ? Non. Une bonne soirée Netflix ? Carrément

Il y aurait beaucoup à redire sur cette vision de Singapour transformé en parc d’attractions pour milliardaires, et le film a d’ailleurs été critiqué dès sa sortie pour la place minuscule laissée aux populations malaise et indienne du pays.

Mais comme romcom XXL, Crazy Rich Asians sait ce qu’il vend : du glamour, des beaux gosses, des robes, une histoire d’amour impossible et Michelle Yeoh capable de détruire votre estime personnelle en inclinant légèrement la tête.

Ce n’est pas très subtil. Ce n’est pas très neuf. Et ce n’est certainement pas un grand film.

Mais huit ans plus tard, posé sur Netflix, ça se regarde comme on feuillette un magazine beaucoup trop cher dans une salle d’attente : on sait que tout ça est un peu absurde, mais on tourne quand même les pages.

🎬 Fiche technique

Titre : Crazy Rich Asians
Réalisation : Jon M. Chu
Avec : Constance Wu, Henry Golding, Michelle Yeoh, Gemma Chan, Awkwafina
Genre : comédie romantique
Sortie : 2018

⭐ Le verdict ScreenHub

★★★☆☆

Une rom-com archi-cliché, indécemment luxueuse et parfaitement consciente de l’être. Ça brille parfois plus que ça ne raconte, mais Constance Wu tient la baraque et Michelle Yeoh rappelle qu’on peut écraser tout un casting sans froisser son tailleur.

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