Netflix relance Berlin pour un nouveau casse à Séville, avec tableau célèbre, duc arrogant, passions brûlantes. Et (beaucoup de) regards humides filmés au ralenti comme dans une pub pour parfum.
Le problème, c’est qu’à force d’essorer la formule Casa de Papel, la franchise finit surtout par malmener notre légendaire patience.
💰 Un nouveau casse… ou juste un nouveau recyclage ?
La vraie question n’est même plus : “est-ce que c’est bien ?”
mais : “combien de fois peut-on encore repeindre le même coffre-fort avant de voir qu’il est vide ?”
Avec Berlin et La Dame à l’hermine, Netflix tente une nouvelle fois de faire croire que l’univers de La Casa de Papel a encore autre chose à raconter.
Officiellement, il s’agit d’un nouveau casse à Séville, en huit épisodes. Berlin et Damián montent une opération autour d’un faux vol artistique pour piéger le duc de Málaga.
Officieusement, c’est surtout un nouvel emballage chic pour une machine créative qui tourne à la redite.
🔥 Une série de braquage qui préfère soupirer
Car le souci, c’est que la série semble avoir complètement oublié ce qui rendait La Casa de Papel efficace au départ : la tension; la mécanique du braquage; l’impression que tout pouvait s’écrouler à chaque minute.
Ici, le casse devient presque un accessoire de décoration.
Ce qui intéresse vraiment la série, ce sont les histoires d’amour, les désirs contrariés, les petits jeux de séduction. Les poses de latin lover et les gros plans sur des gens qui se regardent comme s’ils s’apprêtaient à se réciter du Musset.
À bien des égards, Berlin ressemble donc davantage à une romance ultra-sirupeuse — voire à du “soft porn” chic — qu’à un vrai récit de braquage. On est plus proche de la telenovela premium.
🎭 Ocean’s Eleven version soap romantique
Et encore, une bonne telenovela, c’est une telenovela qui assume sa folie.
Là, Berlin et La Dame à l’hermine veut être à la fois sexy, flamboyante, rusée, tragique et ultra-cool. Résultat : elle finit surtout par être lourde.
Le mélange entre Ocean’s Eleven et soap romantique opère mal, avec des gadgets improbables, des pièges de plus en plus absurdes et une avalanche de romances Harlequin qui noient le peu de crédibilité restant.
On prend les mêmes ficelles, les mêmes archétypes, les mêmes ralentis, et on recommence. À ce stade, ce n’est plus une recette, c’est une boucle temporelle. Le « jour de la marmotte » version andalouse.
🧃 Une franchise Netflix pressée jusqu’à la dernière goutte
Le pire, c’est que tout cela n’est même pas franchement scandaleux : c’est juste épuisant.
La série n’est pas un désastre fascinant, elle est un produit.
Un produit très conscient de son image, de ses costumes, de ses acteurs photogéniques, de ses répliques pseudo-brillantes et de son héritage Netflix.
La sensation dominante, c’est celle d’un univers qui ne vit plus que pour se citer lui-même, faire des appels du pied aux fans. Et tant qu’on y est, préparer la prochaine extension de franchise avant même d’avoir justifié celle-ci.
❌ Alors, faut-il regarder Berlin et La Dame à l’hermine ?
Notre réponse est non.
Pas parce que tout y est irregardable. Pas parce que Pedro Alonso a perdu tout son charisme. Pas même parce qu’une série de braquage qui passe plus de temps à soupirer qu’à braquer devrait être punie par le Code pénal.
Non : on ne va pas regarder cette série parce qu’on est las du concept, tout simplement.
Lassés des franchises qui recyclent leur mythe jusqu’à en faire un fond d’écran.
Lassés des personnages qui tournent en rond dans leur propre légende.
Lassés de cette idée que “plus d’univers” veut forcément dire : “plus d’intérêt”.
Ici, c’est surtout plus de bruit, plus de poses, plus de clichés — et beaucoup moins de nécessité.
🏦 Netflix braque surtout notre patience
En clair :
- si vous voulez revoir La Casa de Papel, revoyez La Casa de Papel ;
- si vous voulez une vraie série de casse, cherchez ailleurs ;
- et si vous voulez observer Netflix presser une franchise jusqu’à la dernière goutte avec le sérieux d’un banquier suisse et la subtilité d’un éléphant en smoking, alors oui, servez-vous.
Mais ne venez pas dire qu’on ne vous avait pas prévenus.
🎨 Fun fact
Le tableau La Dame à l’hermine n’est même pas la vraie cible du casse : il sert de leurre dans un plan destiné à atteindre le duc et la duchesse de Málaga.
Même la série sait donc que l’œuvre la plus précieuse n’est pas forcément celle qu’on regarde le plus longtemps.
⭐ Notre avis
Une franchise qui continue surtout parce qu’elle existe déjà (oui, c’est un peu logique vous me direz…); et une série qui confond constamment élégance visuelle et nécessité dramatique.

🎬 Pitch
Berlin et Damián montent un nouveau casse sophistiqué à Séville autour du célèbre tableau La Dame à l’hermine, de Leonard de Vinci. Entre manipulations, séduction et faux vols artistiques, l’équipe tente de piéger un puissant duc espagnol. Un spin-off Netflix qui troque peu à peu la tension du braquage contre le soap glamour et les poses de latin lovers.
🎬 Berlin et La Dame à l’hermine
Plateforme : Netflix
Mise en ligne : 15 mai 2026
Format : mini-série, 8 épisodes
Création : Álex Pina, Esther Martínez Lobato
Réalisation : Albert Pintó, David Barrocal, José Manuel Cravioto
Avec : Pedro Alonso, Michelle Jenner, Tristán Ulloa, Begoña Vargas, Julio Peña Fernández, Joel Sánchez, Inma Cuesta, José Luis García-Pérez, Marta Nieto
Genre : drame, crime, braquage


