Carrie White retourne au bal. Mauvaise nouvelle pour ses camarades, plutôt bonne pour Prime Video : les premiers avis sur la nouvelle série de Mike Flanagan sont franchement encourageants. Mais cinquante ans après Sissy Spacek couverte de sang, il va quand même falloir nous expliquer pourquoi on y retourne.
On connaît la scène. La robe, le bal, le seau, le sang de cochon.
Même sans avoir vu Carrie de Brian De Palma depuis vingt ans ou 30 ans, les images sont encore là. Le film de 1976 a tellement collé à la peau du roman de Stephen King qu’annoncer une nouvelle adaptation revient presque à proposer un nouveau requin pour Les Dents de la mer.
Prime Video l’a fait quand même, ça arrive chez vous demain. Et bizarrement, ça sent plutôt bon.
🩸 Carrie version 2026, avec Instagram en bonus
Cette fois, Mike Flanagan récupère Carrie White. Le créateur de The Haunting of Hill House et Midnight Mass, déjà responsable de plusieurs adaptations de Stephen King, revient directement au roman de 1974 et l’étale sur huit épisodes, disponibles le 7 octobre sur Prime Video.
Summer H. Howell succède à Sissy Spacek dans le rôle de Carrie, Samantha Sloyan joue sa mère Margaret. Le principe reste délicieusement accueillant : une adolescente harcelée, une mère fanatique, des pouvoirs télékinétiques et un bal de promo qui va encore très mal se terminer.
Sauf qu’en 2026, le harcèlement ne s’arrête plus à la sortie du lycée. Réseaux sociaux, humiliation virale, téléphones partout : Flanagan modernise le cauchemar plutôt que de ressortir simplement le seau de sang du placard.

🎬 Et Brian De Palma dans tout ça ?
Toujours là.
Difficile de regarder une autre Carrie sans voir Sissy Spacek, Piper Laurie et ce fameux bal derrière. Flanagan semble le savoir : les premiers avis relèvent plusieurs clins d’œil au film de 1976, mais aussi une volonté de profiter du format série pour développer Carrie, sa mère et les autres élèves.
C’est probablement la seule bonne manière de s’attaquer au morceau. Ne pas faire semblant que De Palma n’existe pas, sans passer non plus huit épisodes à lui faire des courbettes.
👍 Et apparemment, Carrie n’a pas raté son retour
Pour l’instant, 85 % d’avis positifs sur Rotten Tomatoes. Pas mal pour une adaptation dont la première question était probablement : « Encore ? »
Summer H. Howell récolte une bonne partie des compliments, Samantha Sloyan aussi. La modernisation fonctionne, les personnages gagnent en épaisseur et plusieurs critiques estiment que Flanagan réussit l’exercice le plus compliqué : donner une raison d’exister à cette nouvelle Carrie.
Collider fait partie des convaincus : « Flanagan a créé une nouvelle version de Carrie White qui, malgré ses imperfections, est terriblement addictive. » Comic Book Club la juge de son côté « incroyablement audacieuse à sa manière ». Battre De Palma reste une activité déconseillée sans casque, mais au moins cette Carrie semble avoir trouvé quelque chose à raconter.
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Des avis (beaucoup) plus mitigés
Tout le monde n’a pas sorti les confettis. The Hollywood Reporter n’a l’air ni convaincu, ni traumatisé : « Cette Carrie manque finalement de personnalité et fait beaucoup moins peur qu’elle ne le devrait. » Et IndieWire résume son problème en quelques mots : « C’est une supplication plutôt qu’un rugissement. »
Aïe. Huit épisodes pour adapter l’un des romans les plus courts de King, ça tire aussi parfois sur l’élastique. Mais pour l’instant, on est quand même passé de « pourquoi refaire Carrie ? » à « bon, d’accord, montre-nous ».
Et vu la quantité de sang de cochon nécessaire, Prime Video avait intérêt à ne pas faire tout ça pour rien.
Carrie, série créée par Mike Flanagan, avec Summer H. Howell, Samantha Sloyan, Siena Agudong, Alison Thornton, Amber Midthunder et Matthew Lillard. 8 épisodes, disponibles le 7 octobre 2026 sur Prime Video.

🩸 Carrie à l’écran : combien de fois peut-on renverser le même seau de sang ?
Parce que oui, Carrie avait déjà été adaptée. Plusieurs fois. Beaucoup de fois. La pauvre fille n’a décidément pas le droit de quitter ce bal.
1976 – Carrie au bal du diable. Brian De Palma, Sissy Spacek, Piper Laurie et une scène de bal entrée dans l’histoire du cinéma. Le monument. Celui qui complique légèrement le travail de tous ceux qui arrivent derrière.
1999 – Carrie 2 : La Haine. Une suite située plus de vingt ans après le premier film, avec une nouvelle adolescente télékinétique et Amy Irving de retour en Sue Snell. Le genre de film dont l’existence provoque régulièrement un : « Attends, ils ont fait un Carrie 2 ? »
2002 – Carrie. Cette fois, téléfilm avec Angela Bettis dans le rôle-titre et Patricia Clarkson en Margaret White. À l’origine, le projet devait même pouvoir déboucher sur une série. Comme quoi, Prime Video n’a pas inventé l’idée.
2013 – Carrie, la vengeance. Chloë Grace Moretz devient Carrie, Julianne Moore sa terrifiante maman, Kimberly Peirce passe derrière la caméra. Une nouvelle adaptation du roman plutôt qu’un remake officiel de De Palma, même si essayer de ne pas penser au film de 1976 relève évidemment de la performance olympique.
2026 – Carrie. Mike Flanagan récupère donc le seau pour Prime Video et dispose cette fois de huit épisodes pour raconter l’histoire. Et les réseaux sociaux entrent dans l’équation.
Stephen King a publié Carrie en 1974. Plus de cinquante ans plus tard, Hollywood n’a donc toujours pas laissé cette pauvre fille rentrer chez elle.


