Sous son titre français un peu étrange, Jumpers cache sans doute le meilleur Pixar original depuis un bon moment.
Une comédie animale sous caféine, drôle, généreuse et franchement attachante, qui parle d’écologie sans transformer la salle en réunion de copropriété militante.
🐿️ Pixar retrouve enfin un peu d’énergie
On ne va pas faire semblant : ces dernières années, Pixar avançait comme un géant un peu essoufflé. Un studio partagé entre suites rassurantes et originaux parfois trop calibrés pour surprendre vraiment.
Jumpers — connu à l’international sous le titre Hoppers — ressemble à une petite secousse bienvenue.
Le film de Daniel Chong part d’une idée délicieusement absurde : celle d’une jeune militante de l’environnement qui “saute” sa conscience dans le corps d’un castor robot pour infiltrer le monde animal. Et il en tire une aventure qui carbure à l’énergie pure, au gag en rafale et à une vraie envie de s’amuser.
Rien que ça, aujourd’hui, chez Pixar, ressemble presque à une prise de risque.
⚡ Une comédie animale sous caféine
La grande réussite de Jumpers, c’est son ton.
Le film ne cherche pas à singer le grand mélodrame existentiel des plus beaux Pixar, ni à fabriquer de force le moment “émotion Twitter” prêt à faire pleurer les adultes consentants.
Il préfère la vitesse, l’humour, les personnages secondaires détraqués et une logique narrative presque anarchique. Où un conseil royal composé d’animaux couronnés, par exemple, peut soudain donner l’impression que Les Avengers ont été réécrits par un castor surexcité.
C’est souvent très drôle, parfois carrément euphorisant, et surtout assez libre pour ne pas donner l’impression d’avoir été poncé par quinze réunions marketing.
🌱 Un film écologique… sans le mégaphone
Le plus malin, c’est que Jumpers parvient à faire passer un vrai discours écologique sans lourdeur professorale.
Oui, il est question d’expansion urbaine, de destruction des habitats naturels, de coexistence entre humains, technologie et vivant. Oui, le méchant a la tête lisse du politicien opportuniste persuadé qu’on peut raser un coin de nature pour “gagner quatre minutes de trajet”.
Mais le film ne s’enlise jamais dans la démonstration.
Il garde le cap sur le plaisir, sur l’élan, sur le chaos comique, et son message n’en devient que plus efficace. Là où d’autres productions familiales te hurlent leur morale avec un mégaphone biodégradable, Jumpers choisit encore le bon vieux luxe du divertissement bien écrit.
🌀 Un film parfois trop agité
Tout n’est pas parfait pour autant. Il y a un vrai défaut de densité : Jumpers veut beaucoup, très vite, parfois trop.
Intrigue écologique, satire politique, high concept de science-fiction, galerie de bestioles hautes en couleur, émotion familiale, poursuites, conflits de communauté… le film a tellement d’idées qu’il lui arrive de passer en courant devant certaines au lieu de s’y arrêter.
Résultat : quelques relations auraient gagné à respirer davantage, et cette agitation permanente empêche parfois le film de transformer sa brillante pagaille en grand récit durable.
Jumpers amuse plus qu’il ne marque au fer rouge.
🎬 Un Pixar imparfait… mais enfin vivant
Mais c’est peut-être aussi ce qui le rend sympathique.
Jumpers ne se présente pas comme une cathédrale émotionnelle, ni comme un manifeste déguisé en film pour enfants.
C’est un film bondissant, parfois foutraque, souvent très inspiré, qui assume d’être d’abord une comédie d’aventure avant de devenir, en douce, une fable sur l’écoute, le respect du vivant et l’idée simple que le progrès n’a pas toujours raison juste parce qu’il roule plus vite.
En termes critiques, le film a d’ailleurs été reçu très solidement. Ce n’est pas le retour aux sommets absolus du studio, mais c’est clairement un pas dans la bonne direction.
🚀 Pixar recommence enfin à jouer
Au fond, Jumpers ressemble à ce que Pixar aurait dû s’autoriser plus souvent ces dernières années : un film original, un peu dingue, imparfait mais vivant, qui préfère la fantaisie à la solennité et le mouvement à la démonstration.
Ce n’est peut-être pas un futur classique du studio. Mais c’est assez drôle, assez tendre et assez malin pour rappeler que Pixar n’a pas totalement oublié comment faire autre chose que gérer son patrimoine.
Et franchement, vu l’état récent de la maison, c’est déjà beaucoup.
⭐ Notre avis : 3,5/5
Un Pixar fougueux, drôle et malin, qui manque parfois de souffle pour être immense, mais qui a largement assez de cœur et d’idées pour faire oublier la routine.


🎬 Fiche technique
Titre : Jumpers (Hoppers en VO)
Réalisation : Daniel Chong
Studio : Pixar Animation Studios
Distribution : Walt Disney Pictures
Genre : Animation, aventure, comédie, science-fiction
Durée : Environ 1 h 40
Sortie : 4 mars 2026


