Ryu est-il vraiment le patron ? Chun-Li mérite-t-elle la première place ? Blanka est-il génial ou juste extrêmement vert ? À quelques jours du retour de Street Fighter au cinéma, on a commis l’irréparable : classer ses combattants. Avec un petit bonus, leur potentiel sur grand écran.
Street Fighter revient au cinéma. Oui, encore. Mais cette fois, pas de Jean-Claude Van Damme à l’horizon (sauf improbable cameo).
Jason Momoa est Blanka, 50 Cent joue Balrog, Roman Reigns devient Akuma et Cody Rhodes récupère la coupe de cheveux de Guile. À ce niveau-là, on ne parle plus vraiment d’un casting : quelqu’un a laissé Internet choisir les acteurs pendant sa pause déjeuner.
Le film de Kitao Sakurai sort en France le 14 octobre 2026 et nous ramène en 1993, en pleine folie Street Fighter II. Ryu et Ken sont brouillés, Chun-Li vient les chercher pour participer au World Warrior Tournament, M. Bison traîne évidemment dans les parages. Et, miracle assez rare à Hollywood, personne ne semble gêné par le fait d’adapter un jeu où un yogi peut allonger ses bras sur deux mètres pendant qu’un monstre vert produit de l’électricité.
Tout cela nous a donné une très mauvaise idée : classer les meilleurs personnages de Street Fighter.
Précision avant que quelqu’un ne nous envoie un Hadoken par mail : ceci n’est pas une tier-list compétitive. Selon le jeu, la version, le patch et le niveau du joueur, l’ordre pourrait être totalement différent. On parle ici d’héritage, de plaisir de jeu, de design, de coups mythiques, de personnalité et, reconnaissons-le, d’un peu de mauvaise foi.
Et puisqu’Hollywood remet une pièce dans la borne, on ajoutera pour chacun son potentiel cinéma.
Allez. Insert Coin.
10. Blanka – le gros machin vert qu’on aime quand même
Attention, instant lucidité : Blanka est complètement con.
C’est aussi pour ça qu’il est formidable.
Un sauvage brésilien devenu vert, capable de produire de l’électricité et de traverser l’écran roulé en boule : dans n’importe quel autre univers, quelqu’un aurait demandé une deuxième réunion avant de valider le concept. Dans Street Fighter II, on sélectionne Blanka et cinq secondes plus tard on électrocute un sumo japonais.
Sa Rolling Attack, son Electric Thunder et ses déplacements bizarres lui donnent un style immédiatement reconnaissable. Il peut être pénible, imprévisible et franchement casse-pieds à affronter. On ne l’aurait probablement jamais inventé aujourd’hui après douze réunions marketing.
🎬 Potentiel cinéma : 10/10
Jason Momoa est Blanka.
On pourrait développer, mais franchement : Jason Momoa peint en vert, couvert de poils et chargé en électricité constitue déjà une raison valable d’acheter du popcorn.
9. Zangief – venez faire un câlin
Zangief ne veut pas vous lancer une petite boule d’énergie depuis l’autre côté de l’écran.
Zangief veut vous attraper.
Et lorsqu’il y arrive, commence généralement une période assez compliquée pour votre colonne vertébrale.
Le géant russe a participé à la définition même du grappler dans les jeux de combat : lent, énorme, dangereux à courte distance et capable de transformer une erreur de placement en voyage aérien sans bagage cabine. Le Spinning Piledriver reste l’un des mouvements les plus satisfaisants de la saga lorsqu’on le réussit, et l’un des plus insultants lorsqu’on le reçoit.
🎬 Potentiel cinéma : 9/10
Le Néerlandais Olivier Richters, environ 2,18 mètres, joue Zangief. Pour une fois, le département effets spéciaux pourra probablement aller déjeuner.
8. Dhalsim – personne n’aurait dû valider cette idée
Essayez d’expliquer Dhalsim à quelqu’un qui n’a jamais joué à Street Fighter.
« Alors, c’est un maître de yoga indien qui crache du feu, se téléporte et peut étirer ses bras et ses jambes sur plusieurs mètres. »
Voilà.
Et pourtant, Dhalsim fonctionne depuis Street Fighter II.
Son contrôle de la distance en fait l’un des combattants les plus particuliers de la série. Face à un bon Dhalsim, traverser l’écran peut ressembler à une demande de permis de construire : c’est long, frustrant et quelqu’un vous renvoie constamment votre dossier.
🎬 Potentiel cinéma : 8/10
Vidyut Jammwal possède un vrai bagage martial et un physique parfait pour le rôle.
Reste une question que le cinéma devait affronter tôt ou tard : à quoi ressemble un bras de six mètres en live action ? On veut savoir.
7. Cammy – 50 kilos de problèmes
Rapide, agressive, mobile : Cammy ne vient pas vraiment pour discuter.
Depuis son apparition dans Super Street Fighter II, elle s’est imposée comme l’un des visages les plus populaires de la franchise. Spiral Arrow, Cannon Spike, pression constante : Cammy possède ce délicieux talent pour donner l’impression que l’adversaire joue avec une manette débranchée.
Son histoire liée à Shadaloo et Bison lui donne aussi davantage d’épaisseur que son célèbre justaucorps vert pourrait le laisser penser.
🎬 Potentiel cinéma : ???
Et là, surprise : Cammy n’apparaît pas dans le casting officiellement annoncé du film 2026.
On sait que Hollywood adore garder des choses pour les suites. On sait aussi que Hollywood adore annoncer des suites avant même de savoir si quelqu’un ira voir le premier film.
Donc attendons.
6. Guile – SONIC BOOM, SONIC BOOM, SONIC BOOM
Vous avez déjà affronté quelqu’un qui maîtrise vraiment Guile ? Toutes nos condoléances.
Le militaire américain possède deux des coups les plus célèbres de Street Fighter, le Sonic Boom et le Flash Kick, auxquels il faut ajouter une troisième arme secrète : rester accroupi dans un coin jusqu’à ce que son adversaire perde toute envie de vivre.
Et cette coiffure. Des scientifiques travaillent probablement encore dessus.
🎬 Potentiel cinéma : 9/10
Après Jean-Claude Van Damme en 1994, Cody Rhodes récupère Guile.
Un catcheur professionnel avec des bras énormes, une mâchoire carrée et des cheveux qui connaissent déjà le concept de gravité alternative : pour l’instant, aucun signal d’alarme.
5. M. Bison – le méchant qui ne connaît pas le mot discrétion
Cape rouge, casquette militaire, épaulettes gigantesques. Et bien sûr Psycho Power violet.
M. Bison n’entre pas dans une pièce. Il l’annexe.
Grand patron de Shadaloo et cauchemar récurrent de la moitié du casting, il possède cette qualité indispensable aux grands méchants de jeux vidéo : on comprend immédiatement qu’il est mauvais avant même qu’il ouvre la bouche.
Son Psycho Crusher, ses téléportations et son sourire de type qui vient de construire une base secrète sous votre maison ont fait le reste.
🎬 Potentiel cinéma : 10/10
David Dastmalchian s’est préparé au rôle en étudiant des dictateurs et des chefs de secte. Pour jouer M. Bison.
Le monsieur a probablement travaillé plus sérieusement son personnage que nous cet article. Et ça nous intrigue énormément.
4. Ken – Ryu, mais avec une vie sociale
Oui, c’est méchant.
Pendant longtemps, le néophyte regardait Ken et voyait Ryu en rouge avec des cheveux blonds. Puis les jeux ont progressivement creusé l’écart : Ken est devenu plus offensif, plus spectaculaire, plus flamboyant, avec une identité de gameplay et une personnalité bien à lui.
Ryu cherche la perfection martiale. Ken semble davantage chercher la perfection martiale tout en ayant réservé un restaurant à 21 heures.
Ses Shoryukens enflammés et son agressivité en ont fait un choix naturel pour les joueurs qui aiment Ryu mais trouvent qu’il manque légèrement de pyrotechnie.
🎬 Potentiel cinéma : 8/10
Noah Centineo joue Ken, et le film place sa relation avec Ryu au centre de l’histoire. Bonne idée : si cette bromance fonctionne, on tient quelque chose. Si elle ne fonctionne pas, il restera toujours Jason Momoa vert.
3. Akuma – le bouton « vous êtes sûr ? »
Akuma possède une aura particulière.
Lorsqu’il débarque dans Super Street Fighter II Turbo, il ne donne pas l’impression d’être simplement un nouveau personnage. Il ressemble à quelqu’un qui a piraté le jeu pour venir vous tuer.
Plus brutal, plus sombre, plus inquiétant, avec son Raging Demon devenu mythique, Akuma a réussi l’exploit de rester pendant des décennies le type qu’on choisit lorsqu’on veut annoncer très clairement ses intentions à la personne assise sur le canapé d’à côté.
🎬 Potentiel cinéma : 9/10
Roman Reigns… Akuma…
Physiquement, le dossier est déjà bien avancé. Maintenant, il faut parler le moins possible et regarder les gens comme si leur existence constituait une légère contrariété. Ça devrait aller.
2. Chun-Li – la reine
On a sérieusement envisagé de la mettre première.
Chun-Li est Street Fighter.
Ses cuisses pourraient casser un coffre-fort, le Lightning Kick a traumatisé plusieurs générations. Le Spinning Bird Kick reste l’un de ces mouvements qu’on accepte sans poser la moindre question, alors qu’il consiste quand-même à combattre la tête en bas. Bon…
Mais son importance dépasse le gameplay. Première grande combattante féminine de la saga, devenue l’une des femmes les plus reconnaissables de toute l’histoire du jeu vidéo, Chun-Li a traversé les décennies sans devenir une relique.
🎬 Potentiel cinéma : 9/10
Callina Liang joue Chun-Li et le synopsis lui confie déjà un rôle important : c’est elle qui ramène Ryu et Ken vers le World Warrior Tournament.
Très bonne nouvelle. Chun-Li mérite mieux que d’attendre dans un coin que les garçons aient terminé leur Hadoken.
1. Ryu – évidemment
On aurait pu faire les malins. Mettre Chun-Li première. Choisir Akuma pour provoquer les puristes. Sortir Blanka et prétendre que l’électricité est un critère scientifique.
Mais bon.
Hadoken. Shoryuken. Tatsumaki Senpukyaku. Bandeau rouge. Kimono blanc.
Ryu est devenu une sorte de grammaire du jeu de baston. Il est facile à comprendre, difficile à maîtriser et son moveset a servi de modèle à une quantité absurde de combattants venus après lui. Même quelqu’un qui n’a jamais acheté un Street Fighter sait probablement à quoi ressemble un Hadoken.
Ryu gagne donc. Voilà. Vous pouvez maintenant vous disputer. Ou nous insulter.
🎬 Potentiel cinéma : 8/10
Et paradoxalement, Andrew Koji possède peut-être le rôle le plus difficile du film.
Parce qu’il faut rendre intéressant un homme essentiellement obsédé par l’entraînement et le dépassement de soi pendant que, quelques mètres plus loin, Jason Momoa joue un gorille électrique vert et 50 Cent se promène avec des gants de boxe.
Bonne chance, Ryu. On croit en toi. Un peu.
Et aussi… ceux qu’on a laissés sur le banc
E. Honda ? On aurait pu. On ne l’a pas fait. Toutes nos excuses aux amateurs de sumo volant.
Sagat ? Là, ça fait mal. Immense bonhomme, immense cicatrice, immense Tiger Uppercut. Il aurait facilement pu gratter une place, mais quelqu’un devait rester dehors.
Vega ? Iconique, masque, griffe, narcissisme pathologique : excellent dossier. Mais notre top 10 était déjà plein de gens bien assez compliqués.
Balrog ? On aime beaucoup l’idée de régler un problème de Hadoken avec deux énormes gants de boxe et absolument aucun pouvoir magique. 50 Cent pourra peut-être nous faire regretter notre choix.
Et Dan Hibiki ? Non. Gardez-le au chaud. On aura bientôt besoin de lui.
🎬 Street Fighter, le film :
Réalisation : Kitao Sakurai
Avec : Andrew Koji, Noah Centineo, Callina Liang, Jason Momoa, 50 Cent, David Dastmalchian, Roman Reigns, Cody Rhodes, Orville Peck…
D’après : la franchise Street Fighter de Capcom
Genre : action, arts martiaux
Production : Legendary Pictures, Capcom
Distribution : Paramount Pictures
Sortie en France : 14 octobre 2026



