Disney ramène Star Wars au cinéma après sept ans d’absence. Le résultat ressemble à un cadeau très cher emballé dans du papier Disney+ : ça brille, ça fait “waouh”, et quand on l’ouvre, on découvre surtout trois épisodes premium collés ensemble avec du beskar.
Bonne nouvelle : c’est rarement honteux, loin de là. Mauvaise nouvelle : pour un retour en salles, on espérait autre chose qu’un “contenu” de luxe (on vous l’expliquait d’ailleurs ici).
🚀 Un blockbuster qui a oublié d’être un film
Le problème de The Mandalorian and Grogu, c’est qu’il ne manque ni d’argent, ni de savoir-faire, ni de mignonnerie verte sous copyright.
Il manque juste… une vraie raison d’exister. Jon Favreau filme ça avec le sérieux appliqué d’un bon employé du mois Lucasfilm : grosse action, créatures bizarres, musique ample, cadres IMAX.
Tout y est. Sauf l’ampleur dramatique. On n’a jamais l’impression d’assister à un événement cinéma ; plutôt à une saison 4 compressée, repassée au polish, puis vendue au prix du grand écran.
👶 Grogu, PDG de la multinationale du “aww”
Soyons honnêtes : Grogu fait le boulot. Encore. Toujours. Comme un salarié qu’on sous-paie en macarons alors qu’il porte toute la boîte sur ses oreilles.
Le film sait exactement quand l’utiliser : un regard, un couinement, une bêtise… et hop, la salle fond comme un sabre laser dans du beurre. Ou l’inverse. Bref.
Cette relation quasi paternelle entre Din Djarin et son mini-gobelin spatial reste ce qu’il y a de plus attachant ici. C’est même le seul endroit où le film semble respirer autre chose que la stratégie de marque.
💥 Oui, ça bouge. Non, ça ne vibre pas
Les scènes d’action font correctement le taf : dogfights, monstres, poursuites, bastons, gros jouets cassés à l’écran. Rien de scandaleux.
On peut d’ailleurs saluer au passage le spectacle et la partition de Ludwig Göransson, qui apporte une ampleur bienvenue.
Mais à force d’enchaîner les péripéties comme des cases à cocher, le film finit par ressembler à une démonstration technique : “regardez comme c’est propre” au lieu de : “regardez comme c’est fort”.
On en sort distrait, pas secoué. C’est un peu le fast-food premium du space opera : meilleur que la chaîne d’à côté, mais toujours mangé sur un plateau.
🧱 Le grand retour du petit enjeu
Là où Star Wars devrait convoquer le mythe, The Mandalorian and Grogu convoque surtout le remplissage.
Les critiques reviennent presque toutes sur le même constat : enjeux faibles, méchants peu mémorables, narration inoffensive, impression d’inconséquence générale.
Même quand le film s’agite beaucoup, il ne semble jamais risquer quoi que ce soit.
Le comble pour une franchise bâtie sur l’aventure cosmique : on a parfois l’impression de regarder un produit dérivé de lui-même.
Comme si la saga était devenue son propre parc d’attractions, avec option ticket coupe-file pour les abonnés fatigués.
🎭 Pedro Pascal ? Oui, mais surtout sa voix
Pedro Pascal reste charismatique, même réduit à un casque et à quelques minutes de visage découvert. Mais même lui finit parfois par ressembler à une simple fonctionnalité du casque Mandalorien.
Sigourney Weaver apporte une autorité amusée, Jeremy Allen White s’amuse visiblement plus que le scénario, et Martin Scorsese en caméo vocal (cf fun-fact) est le genre de gag absurde que Star Wars mérite peut-être davantage que certains arcs narratifs récents.
Globalement, les personnages existent moins comme êtres dramatiques que comme pions bien rangés dans la vitrine Lucasfilm.
⚖️ Verdict ScreenHub
Ce n’est pas un naufrage. Absolument pas, soyons fair-play. Ce n’est même pas un mauvais divertissement.
C’est pire, d’une certaine façon : on a affaire à un film correct, appliqué, parfois fun, souvent adorable, mais trop sage pour laisser une trace.
The Mandalorian and Grogu confirme que cette branche de Star Wars sait encore divertir. Il rappelle surtout que divertir n’est pas la même chose qu’émerveiller.
En clair : on passe un bon moment, puis on rentre chez soi en se demandant si on n’aurait pas eu sensiblement la même expérience sur le canapé, avec pause pipi et pizza quatre fromages.
Star Wars sait encore occuper deux heures. Le problème, c’est qu’il savait autrefois occuper l’imaginaire.
🎲 Fun fact
Martin Scorsese prête sa voix à un vendeur de street food alien dans le film.
Oui, l’homme qui a longtemps tancé la logique “parc à thème” des franchises se retrouve dans Star Wars.
La Force a vraiment de l’humour.
🎬 Pitch
Din Djarin et Grogu repartent pour une nouvelle aventure galactique mêlant chasse aux primes, affrontements spatiaux et ennemis mystérieux. La Nouvelle République recrute nos deux comparses pour faire le ménage dans une galaxie où les restes de l’Empire n’ont toujours pas compris qu’il fallait rendre les clés.
Après des années sur Disney+, The Mandalorian débarque enfin au cinéma avec un blockbuster plus spectaculaire que risqué, où la relation entre le Mandalorien et son mini Jedi reste le véritable cœur du voyage.
Au fait, c’est qui Grogu ?
Grogu, c’est le petit être vert ultra mignon que tout le monde a appelé “Baby Yoda”… avant d’apprendre que ce n’était pas Yoda (même espèce, mais pas le même perso).
Il apparaît pour la première fois dans The Mandalorian en 2019, et devient instantanément une icône pop.
Grogu appartient à la même espèce mystérieuse que Yoda, connue pour sa longévité.
Résultat : il a environ 50 ans, mais reste un bébé — ce qui explique son mélange unique de sagesse et de comportements… très enfantins (manger n’importe quoi, appuyer sur tous les boutons, etc.).
Grogu maîtrise déjà la Force : il peut déplacer des objets, protéger les autres et parfois semer un chaos total sans vraiment comprendre ce qu’il fait. Bref, c’est à la fois un apprenti Jedi… et une petite bombe incontrôlable.

📌 Fiche technique
Titre : The Mandalorian and Grogu
Réalisation : Jon Favreau
Avec : Pedro Pascal, Sigourney Weaver, Jeremy Allen White
Durée : 2 h 12
Production : Jon Favreau, Kathleen Kennedy, Dave Filoni, Ian Bryce
Sociétés de production : Lucasfilm, Walt Disney Pictures
Distribution : Walt Disney Studios Motion Pictures
Musique : Ludwig Göransson
Sortie : 20 mai 2026


