Entre scènes supprimées, rumeurs envolées et ego laissés sur le tapis rouge, la suite du film culte semble avoir pratiqué un tri impitoyable dans ses apparitions prestigieuses. Une chose est sûre : chez Prada, même les stars ne sont jamais garanties de passer le montage final.
Il y a deux types de stars à Hollywood : celles qui sont au générique, et celles qui finissent dans le dossier “bonus features”. Le Diable s’habille en Prada 2 a visiblement choisi la deuxième option pour quelques invités très brillants.
A commencer par Sydney Sweeney, dont le cameo a été purement et simplement rayé du patron final. Cruel ? Oui. Très Miranda Priestly ? Absolument.
✂️ Sydney Sweeney, première victime couture
Le cas Sweeney est le plus simple. Selon Entertainment Weekly, l’actrice avait tourné une scène d’environ trois minutes au début du film, dans laquelle elle jouait… elle-même. Rien de plus naturel dans l’univers « Prada » qu’une célébrité venue se faire habiller par Emily Charlton (l’excellente Emily Blunt), désormais ponte chez Dior.
Sauf que la scène, pourtant chic sur le papier, “ne fonctionnait pas structurellement” avec le reste de la séquence. Traduction studio : très jolie, très people, mais narrativement, ça coinçait comme une fermeture éclair sur une robe trop petite. La décision aurait été difficile, mais assumée comme un simple choix créatif, pas comme un drame diplomatique.
Sale coup pour notre Sydney, déjà pas à la fête dans Euphoria ou La Femme de Ménage. Victime de la plus noble des exécutions hollywoodiennes : celle du “ça ne marche pas dans le film”, sentence moins humiliante que “personne n’a compris pourquoi elle était là”.
En vérité, c’est plutôt rassurant. Pour une fois, un blockbuster n’a pas gardé une scène juste parce qu’elle contenait un visage immédiatement monétisable sur TikTok.
🏠 Conrad Ricamora et la guerre du colocataire
Sweeney n’est pas la seule à avoir senti le vent glacial du montage final. Variety rapporte que Conrad Ricamora, pourtant casté comme le colocataire d’Andy, a disparu après les projections test.
Pourquoi ? Parce que les spectateurs se demandaient visiblement pourquoi Andy Sachs, adulte fonctionnelle et vétérane du chaos new-yorkais, avait encore besoin d’un colocataire. Ce qui est une remarque très audience test : à la fois pragmatique, mesquine et vaguement immobilière.
Résultat, le film a préféré recentrer Andy autour du personnage de Lily, joué par Tracie Thoms, jugé plus crédible et plus fidèle à l’esprit du premier volet. Même à Runway, on n’échappe pas aux arbitrages de colocation.
🕶️ Anna Wintour, trop méta pour la fiction
Et puis il y a LE cas Anna Wintour, qui est quand même le niveau méta ultime. La femme ayant inspiré Miranda Priestly filmée pour un gag take dans Le Diable s’habille en Prada 2, avant… de ne pas apparaître dans la version cinéma. Là, on touche presque au cubisme narratif.
Selon David Frankel, la présence de Wintour à l’écran paraissait “trop méta” pour être intégrée au film. En prime, elle aurait raté son top départ et le plan serait partiellement flou — ce qui est très chic, très mystérieux, très Vogue septembre 1998. Mais pas forcément très exploitable en salle.
La scène devrait donc finir en bonus sur la version streaming. En clair : Anna Wintour n’a pas été coupée parce qu’elle était mauvaise, mais parce qu’elle était trop Anna Wintour pour le film. La réalité menaçait de manger la fiction.
👻 Jessica Chastain, cameo imaginaire
Au passage, tout le monde n’a pas exactement été “coupé”. Jessica Chastain, par exemple, faisait l’objet de rumeurs tenaces, mais Variety précise qu’elle n’a tout simplement jamais tourné de cameo.
Ce n’est pas un massacre au montage, c’est un fantôme de casting, une illusion collective, un mirage de Fashion Week. Le genre de bruit qui prospère dès qu’une star traverse Manhattan pendant qu’un film se tourne à deux rues de là.
Lady Gaga a passé le cut
Tout le monde n’a pas fini à la coupe non plus. Certains caméos ont survécu au passage du montage et s’en sortent même avec les honneurs. À commencer par Lady Gaga, qui aurait livré une apparition parfaitement calibrée, entre clin d’œil méta et statement mode assumé. Exactement le genre de présence qui transforme une simple scène en moment de pop culture instantané. Un effet “waouh” immédiat, mais intégré à la narration plutôt que plaqué dessus.
👠 Le vrai miracle : le film veut rester un film
Le plus intéressant dans cette petite boucherie haute-couture, c’est qu’elle raconte quelque chose de sain sur le film. Oui, la nostalgie vend. Oui, les caméos font parler. Oui, un plan avec Sydney Sweeney ou Anna Wintour aurait nourri internet pendant trois semaines et demie.
Mais le montage a visiblement choisi de ne pas transformer Prada 2 en vitrine de guests. Tout le monde veut entrer au défilé, mais tout le monde ne passe pas la sélection finale. C’est presque émouvant. Miranda, elle, appellerait sûrement ça “la moindre des choses”.
Vous hésitez à aller voir le film au ciné ? On vous comprend. Allez lire notre « J’y vais / J’y vais pas » en cliquant sur l’image


Titre : Le Diable s’habille en Prada 2
Sortie cinéma : 30 avril 2026
Studio : 20th Century Studios
Réalisateur : David Frankel
Scénario : Aline Brosh McKenna
Casting confirmé : Meryl Streep, Anne Hathaway, Emily Blunt, Stanley Tucci, Kenneth Branagh, plus plusieurs nouveaux venus
Pitch annoncé : Miranda Priestly tente de sauver Runway dans un paysage médiatique bouleversé ; Andy revient dans l’orbite du magazine ; Emily est désormais un poids lourd du luxe susceptible de changer la partie.


