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On a classé les 5 Pirates des Caraïbes du pire au meilleur : Jack Sparrow ne peut pas tous les sauver

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Cinq films, trois malédictions, environ 47 trahisons et beaucoup trop de rhum. Faire un classement des Pirates des Caraïbes, c’est accepter une évidence : quelqu’un va être mécontent.

Certains considèrent La Malédiction du Black Pearl comme intouchable. D’autres défendront Jusqu’au bout du monde jusqu’à leur dernier souffle. Quelques irréductibles expliqueront que La Fontaine de Jouvence est sous-estimé. Nous respectons leur courage.

Car en cinq films sortis entre 2003 et 2017, la saga Disney a connu à peu près toutes les étapes possibles d’une grande franchise hollywoodienne : la surprise, le triomphe, la démesure, la tentative de relance et enfin ce moment légèrement gênant où tout le monde regarde Jack Sparrow en espérant qu’il fasse encore le truc qui nous faisait rire quinze ans plus tôt.

Et le plus intéressant, c’est que le classement raconte presque tout seul l’histoire de la saga.

Au début, Jack Sparrow est un ingrédient génial dans une excellente recette.

À la fin, il est devenu la recette.

Voilà peut-être où les ennuis ont commencé.

🏴‍☠️ Pirates des Caraïbes : la saga en bref

Films classés : 5
Période : 2003-2017
Capitaine officieux : Jack Sparrow
Meilleur méchant : Davy Jones — Barbossa demande officiellement un recomptage
Objet le plus recherché : tout ce qui peut être placé dans un coffre, volé ou maudit
Probabilité qu’un personnage trahisse un autre personnage : 94 %
Probabilité que Jack ait un plan : impossible à déterminer
Règle absolue : si Barbossa est mort, attendre un peu

Allez, larguons les amarres.

Et commençons par le fond de la cale.

5. 🧜 Pirates des Caraïbes : La Fontaine de Jouvence (2011)

Le jour où Jack Sparrow s’est retrouvé tout seul à porter le bateau

Il existe un problème assez simple avec La Fontaine de Jouvence : pendant trois films, Disney avait construit une gigantesque aventure autour de Jack Sparrow, Will Turner, Elizabeth Swann, Barbossa, Davy Jones, le Black Pearl, la Compagnie des Indes orientales et suffisamment de personnages secondaires pour remplir trois tavernes à Tortuga.

Puis le quatrième arrive et dit :

« Bon, on enlève presque tout. »

Ah.

Gore Verbinski quitte la réalisation, Rob Marshall prend la barre, Orlando Bloom et Keira Knightley ne sont plus là, et l’intrigue repart autour de la recherche de la Fontaine de Jouvence.

Sur le papier, ce n’est pas idiot.

Le problème, c’est que le film permet de constater quelque chose que la trilogie avait habilement dissimulé : Jack Sparrow fonctionne beaucoup mieux lorsqu’il gravite autour d’autres personnages que lorsqu’on lui demande de devenir le centre émotionnel de l’univers.

Johnny Depp continue évidemment de faire du Johnny Depp : démarche impossible, mains flottantes, phrases marmonnées, plans incompréhensibles qui deviennent parfois miraculeusement intelligents.

Mais quelque chose manque.

Will apportait le romantisme héroïque. Elizabeth l’énergie et l’évolution dramatique. Leur histoire donnait à Jack quelqu’un à perturber.

Sans eux, Jack ressemble parfois à un excellent personnage secondaire ayant cambriolé le premier rôle pendant la pause déjeuner.

Tout n’est pourtant pas à jeter, loin de là.

Penélope Cruz apporte une belle énergie en Angelica et possède une vraie alchimie avec Depp. Ian McShane avait absolument la tête pour jouer Barbe Noire — cet homme semble être né en sachant menacer quelqu’un depuis le pont d’un navire — et la séquence des sirènes est probablement le grand moment du film : belle, inquiétante, presque horrifique.

Même Barbossa, désormais corsaire au service de la Couronne britannique, retrouve par moments cette délicieuse capacité à entrer dans une scène comme s’il en était déjà propriétaire.

Mais l’ensemble ressemble davantage à une aventure dérivée qu’au quatrième chapitre d’une grande saga.

⚓ Ce qui flotte encore

Les sirènes, Penélope Cruz, Ian McShane et Geoffrey Rush qui pourrait probablement jouer Barbossa dans une publicité pour des céréales et rester formidable.

🪨 Ce qui coule

Une aventure plus petite, moins de souffle, moins d’alchimie collective et surtout cette sensation étrange que Pirates des Caraïbes est devenu Jack Sparrow présente Pirates des Caraïbes.

Verdict : pas le naufrage qu’on raconte parfois, mais le premier film de la saga qui donne franchement envie de regarder les trois précédents à la place.

4. ☠️ Pirates des Caraïbes : La Vengeance de Salazar (2017)

Jack Sparrow est toujours là. Jack Sparrow, un peu moins.

Six ans plus tard, Disney remet le navire à l’eau.

Cette fois, Joachim Rønning et Espen Sandberg sont à la réalisation, Javier Bardem devient le capitaine Salazar et deux nouveaux personnages doivent apporter du sang neuf : Henry Turner, fils de Will et Elizabeth, et Carina Smyth, brillante astronome qui se retrouve mêlée à la recherche du Trident de Poséidon.

L’idée est claire.

Retrouver l’esprit des débuts.

Il y a même un jeune Turner et une jeune femme brillante embarqués dans une aventure avec Jack Sparrow.

Subtil.

À peu près comme Barbossa tirant au canon dans une bibliothèque.

Le film possède pourtant de vraies qualités visuelles. Salazar et son équipage de marins fantômes ont une apparence formidable, avec leurs corps incomplets flottant comme s’ils étaient toujours sous l’eau. Javier Bardem parle comme s’il avait avalé trois litres d’eau de mer avant chaque prise et réussit malgré tout à fabriquer un méchant mémorable.

Les requins fantômes ?

Complètement idiots.

Donc évidemment très amusants.

Et Geoffrey Rush bénéficie d’un vrai arc émotionnel avec Barbossa, au point de rappeler régulièrement que la saga a toujours possédé un deuxième pirate extraordinaire dont le nom ne commence pas par Jack.

Mais il y a un problème beaucoup plus important.

Jack Sparrow lui-même.

Dans La Malédiction du Black Pearl, Jack donne l’impression d’être ivre alors qu’il observe tout. Son corps part dans une direction, son cerveau dans une autre et son plan dans une troisième que personne ne connaît encore.

Ici, il donne beaucoup plus souvent l’impression…

d’être ivre.

La nuance est importante.

Jack n’est plus le chaos intelligent du premier film. Il devient parfois une imitation de Jack Sparrow par quelqu’un qui a regardé une compilation YouTube de Jack Sparrow.

Les tics restent.

La démarche reste.

Le rhum reste.

Mais le danger et l’intelligence imprévisible du personnage se sont émoussés.

⚓ Ce qui flotte encore

Salazar, les effets visuels de son équipage, quelques grosses idées de spectacle et surtout Barbossa, qui refuse obstinément de devenir inintéressant.

🪨 Ce qui coule

Un scénario qui recycle énormément la formule originale et un Jack Sparrow transformé progressivement en mascotte de sa propre franchise.

Verdict : plus spectaculaire que La Fontaine de Jouvence, parfois plus amusant aussi, mais le film confirme quelque chose d’un peu triste : à force de vouloir retrouver Jack Sparrow, la saga a oublié ce qui rendait Jack Sparrow formidable.

3. 🌊 Pirates des Caraïbes : Jusqu’au bout du monde (2007)

Chef-d’œuvre baroque ou réunion de copropriété avec des pirates ?

Alors là.

Nous entrons dans la zone dangereuse.

Parce que Jusqu’au bout du monde possède probablement autant de défenseurs passionnés que de spectateurs qui, à mi-film, se demandent discrètement :

« Attends… qui vient de trahir qui, là ? »

Le troisième volet est énorme.

Pas grand.

Énorme.

Gore Verbinski semble avoir regardé Le Secret du coffre maudit et décidé qu’il manquait encore environ 40 % de trucs.

Nous avons donc Singapour, Sao Feng, la Confrérie des pirates, Calypso, le coeur de Davy Jones, plusieurs Jack Sparrow, la Compagnie des Indes, Lord Beckett, le Hollandais volant, le Black Pearl, des négociations, des contre-négociations et suffisamment de trahisons pour nécessiter un tableau Excel.

À un moment, pratiquement chaque personnage possède un accord secret avec un autre personnage.

Puis cet accord change.

Puis quelqu’un trahit quelqu’un.

Puis Barbossa explique quelque chose.

Puis Jack fait semblant d’avoir tout prévu.

C’est magnifique. On ne comprend pas toujours pourquoi, mais c’est magnifique.

Et quand le film arrête de négocier pour faire du cinéma pur, il devient gigantesque.

Le coffre de Davy Jones est visuellement superbe. L’assemblée des seigneurs pirates est délicieusement chaotique. Keira Knightley, devenue reine des pirates, parcourt probablement plus de chemin depuis le premier film que n’importe quel autre personnage.

Et puis arrive le Maelström.

Deux navires tournent autour d’un gigantesque tourbillon en se tirant dessus pendant qu’Elizabeth et Will décident que c’est évidemment le meilleur moment pour se marier.

Barbossa célèbre la cérémonie en combattant.

Parce que lorsqu’on est déjà dans un maelström en pleine bataille navale contre des hommes-poissons immortels, autant optimiser son agenda.

C’est démesuré, romantique, complètement absurde et formidablement mis en scène.

Et derrière tout cela, il y a Davy Jones et Lord Beckett, deux méchants radicalement différents : l’un est une créature tragique dont le visage est composé de tentacules, l’autre est un bureaucrate impeccable capable de détruire des vies sans froisser son manteau.

La mort de Beckett, avançant lentement au milieu de son navire qui explose autour de lui, reste d’ailleurs l’une des images les plus follement élégantes de toute la saga.

⚓ Ce qui flotte

La mise en scène de Verbinski, Keira Knightley, Barbossa, Davy Jones, Beckett, le Maelström, la musique de Hans Zimmer et une ambition visuelle absolument déraisonnable.

🪨 Ce qui coule

Le scénario a avalé un scénario plus petit et refuse de le rendre.

Verdict : excessif, compliqué, parfois épuisant, souvent magnifique. Jusqu’au bout du monde est peut-être le seul blockbuster dont on pourrait simultanément réclamer une version raccourcie de vingt minutes et une version longue de quatre heures.

2. 🐙 Pirates des Caraïbes : Le Secret du coffre maudit (2006)

Le blockbuster qui avait décidé que « plus » pouvait parfois vraiment signifier « mieux »

Faire une suite à La Malédiction du Black Pearl était un exercice dangereux.

Le premier avait été une surprise.

Désormais, tout le monde attendait Jack Sparrow.

La solution de Gore Verbinski ?

Lui envoyer un poulpe géant sur la figure.

Le Secret du coffre maudit reprend tout ce qui fonctionnait dans le premier et augmente presque chaque curseur.

Plus de fantastique.

Plus de navires.

Evidemment plus de Jack, de monstres, de trahisons…

Et surtout :

Davy Jones.

Près de vingt ans plus tard, le personnage incarné par Bill Nighy reste un petit miracle.

Son visage couvert de tentacules aurait facilement pu devenir ridicule. Au contraire, les effets visuels, la performance de Nighy et cette voix fatiguée donnent au personnage une présence extraordinaire.

Davy Jones n’est pas simplement un méchant.

C’est un homme qui a littéralement arraché son propre cœur parce qu’il souffrait trop.

Voilà.

Certains mangent un pot de glace après une rupture.

Davy Jones fonde un équipage de monstres marins immortels.

Chacun sa méthode.

Et le film enchaîne les morceaux de bravoure avec une facilité insolente.

L’île des cannibales.

Le Hollandais volant.

Le jeu de dés.

Le Kraken.

La bataille à trois autour du coffre.

Et surtout cette extraordinaire séquence où Jack, Will et Norrington se battent sur une roue de moulin géante qui dévale la jungle.

Sur le papier, c’est une idée de dessin animé.

À l’écran, Verbinski en fait une démonstration de mise en scène : les objectifs changent, les personnages entrent et sortent du combat, la roue avance, le coffre change de mains, et le gag visuel ne casse jamais l’action.

Puis vient le final.

Le Kraken attaque le Black Pearl.

Jack s’enfuit.

Jack revient.

Il regarde la créature.

Sort son épée.

Et pendant quelques secondes, derrière le clown, on retrouve le pirate.

Le Kraken l’engloutit.

Le Black Pearl disparaît.

Jack Sparrow est mort.

Et lorsque les survivants décident d’aller le chercher au bout du monde, Tia Dalma leur demande s’ils accepteraient de suivre un capitaine connaissant ces eaux.

Des bottes descendent l’escalier.

Une pomme apparaît.

Barbossa.

Fin.

Oui, les blockbusters avaient parfois le droit de terminer comme ça.

⚓ Ce qui flotte

Presque tout : Davy Jones, le Kraken, la roue, Norrington, le fantastique, l’humour et un Jack Sparrow encore suffisamment mystérieux pour surprendre.

🪨 Ce qui coule

Le film commence déjà à accumuler beaucoup d’intrigues et prépare quelques-uns des excès du troisième.

Mais franchement ?

On lui pardonne.

Verdict : une suite énorme qui comprend parfaitement pourquoi le premier fonctionnait tout en refusant de simplement le refaire. Certains le placeront premier.

Ils ont de très bons arguments. Ils ont quand même tort.

1. 🥇 Pirates des Caraïbes : La Malédiction du Black Pearl (2003)

Celui qui n’aurait jamais dû être aussi bon

Replaçons-nous en 2003.

Disney produit un film inspiré d’une attraction de parc ouverte à Disneyland en 1967.

Voilà le concept.

Aujourd’hui, avec notre cerveau habitué aux franchises construites à partir de n’importe quelle propriété intellectuelle disponible, cela semble presque normal.

À l’époque, transformer une attraction remplie d’animatroniques pirates en grand film d’aventure n’avait absolument rien d’une garantie de chef-d’œuvre.

Et pourtant.

La Malédiction du Black Pearl fonctionne presque immédiatement.

Il possède quelque chose que les suites chercheront progressivement à reproduire avec davantage d’effets spéciaux, davantage de monstres et davantage de mythologie :

l’équilibre.

Will Turner apporte l’héroïsme.

Elizabeth Swann apporte l’intelligence, l’énergie et le romantisme.

Barbossa apporte la menace.

Les pirates maudits apportent le fantastique.

Norrington et la Royal Navy structurent le monde.

Pintel et Ragetti apportent juste ce qu’il faut d’idiotie.

Et au milieu de tout ça débarque un homme sur un bateau en train de couler.

Jack Sparrow.

Son introduction raconte déjà tout.

Jack se tient fièrement au sommet du mât, cheveux au vent, regard porté vers l’horizon.

Un capitaine.

Une légende.

Puis la caméra descend.

Son bateau est une épave.

Il est en train de sombrer.

Jack arrive au port exactement au moment où son navire disparaît sous l’eau, descend tranquillement sur le quai et continue comme si tout s’était déroulé selon le plan.

En quelques minutes, le personnage existe.

Et c’est précisément ce que les suites oublieront peu à peu.

🧭 Jack Sparrow n’est pas le héros du premier Pirates

C’est essentiel.

Le premier film ne raconte pas vraiment l’histoire de Jack Sparrow.

Il raconte aussi celle de Will et Elizabeth.

Jack traverse leur aventure.

Il la perturbe.

Il manipule tout le monde. Aide parfois. Trahit éventuellement.

On ne sait jamais exactement s’il vient de faire quelque chose de génial ou s’il improvise avec suffisamment d’assurance pour que personne ne remarque la différence.

C’est ça, Jack Sparrow.

Pas simplement un homme ivre qui agite les mains.

Un personnage dont on ne sait jamais où s’arrête l’idiot et où commence le génie.

Johnny Depp crée quelque chose d’immédiatement reconnaissable, mais Gore Verbinski et les scénaristes ont l’intelligence de ne pas lui donner tout le film.

Jack est le piment.

Et personne ne mange un plat composé uniquement de piment.

Disney essaiera quand même quelques années plus tard.

Voir positions 5 et 4.

🍏 Et Barbossa est peut-être encore meilleur qu’on ne s’en souvenait

Il serait injuste de réduire le premier film à Jack.

Parce que Geoffrey Rush dévore littéralement chaque scène dans laquelle apparaît Hector Barbossa.

Sa façon de parler.

Son sourire.

Sa gourmandise.

Sa relation avec Jack.

Et surtout cette malédiction formidable : Barbossa et son équipage possèdent tout ce qu’ils pensaient vouloir, mais ne peuvent plus rien ressentir.

Ils mangent sans goûter.

Boivent sans étancher leur soif.

Accumuler l’or leur a retiré la possibilité d’en profiter.

Pour un film adapté d’une attraction Disney, c’est une idée étonnamment élégante.

Et lorsque Barbossa croque enfin sa pomme après la levée de la malédiction…

il n’en profite que quelques secondes.

Cruel.

Parfait.

🏆 Pourquoi il reste numéro 1

Parce que tout est encore simple.

Pas simpliste.

Simple.

Une malédiction.

Un médaillon.

Un navire.

Une histoire d’amour.

Un pirate qui veut récupérer son bateau.

Un autre pirate qui veut redevenir mortel.

Et autour de cette base limpide, Gore Verbinski construit un grand film d’aventure qui mélange Errol Flynn, film de fantômes, comédie, romance et blockbuster moderne.

Les suites feront plus grand.

Elles feront parfois plus spectaculaire.

Elles auront Davy Jones, le Kraken, le Maelström et certaines des plus belles images de toute la franchise.

Mais aucune ne retrouvera exactement cette alchimie.

Verdict : le meilleur Pirates des Caraïbes parce qu’il n’essaie pas encore d’être une franchise.

Il essaie simplement d’être un excellent film. Et ça change tout.

🏴‍☠️ Le classement final

5. La Fontaine de Jouvence — le spin-off qui ne dit pas son nom
4. La Vengeance de Salazar — Jack Sparrow imite Jack Sparrow
3. Jusqu’au bout du monde — magnifique, fou, interminable, parfois les trois simultanément
2. Le Secret du coffre maudit — la suite XXL presque parfaite
1. La Malédiction du Black Pearl — l’équilibre que la saga ne retrouvera jamais tout à fait

🧭 Alors, où Pirates des Caraïbes a-t-il perdu le nord ?

Ce classement raconte finalement quelque chose d’assez amusant.

Disney a probablement tiré la mauvaise leçon du succès de Jack Sparrow.

Le public adorait Jack.

Donc il fallait davantage de Jack.

Puis encore davantage.

Jusqu’à faire de lui le centre absolu d’une saga qui, au départ, fonctionnait justement parce qu’il n’en était pas le centre.

Le premier Pirates des Caraïbes est un film d’aventure avec Jack Sparrow.

Le quatrième et le cinquième ressemblent davantage à des films de Jack Sparrow dans l’univers de Pirates des Caraïbes.

La différence semble minuscule.

Elle explique peut-être presque tout.

Car les trois premiers films avaient une vraie troupe : Will, Elizabeth, Barbossa, Norrington, Gibbs, Pintel, Ragetti, Davy Jones, Beckett… Jack pouvait rebondir contre eux, les manipuler, les exaspérer, les surprendre.

Privé de cet équilibre, le personnage devient progressivement prisonnier de ses propres tics.

Ironique pour un homme qui passe cinq films à essayer de rester libre.

Alors oui, La Malédiction du Black Pearl reste notre numéro 1.

Le Secret du coffre maudit souffle très fort derrière.

Jusqu’au bout du monde prépare probablement déjà une mutinerie.

Quant à La Fontaine de Jouvence…

Nous avons entendu sa réclamation.

Elle sera examinée dès que quelqu’un aura retrouvé la bouteille contenant le Black Pearl.

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